
Le
recit du Voyage de Christian :
Nous sommes partis de Séez (Bourg St Maurice), au pied
du col du Petit St Bernard, soit à deux pas de la frontière italienne. Distance
parcourue (non vérifiée) : 1200 km, à la louche .
Voulant
profiter des beaux jours de ce début d'automne, nous avons décidé, Lise et
moi, d'aller dégourdir les bielles de la Breva en Italie du Nord.
Coup double (et même triple) : Lise voudrait retrouver les racines de ses
ancêtres en Vénétie,
je voudrais retrouver celles de la Breva à Mandello del Lario, et nous
avons envie de revoir cette merveilleuse région des lacs, oubliée depuis longtemps.
Vendredi 24 septembre : en fait de bel automne, ce matin il pleut, et le plafond
gris et bas n'incite guère qu'à se recoucher... Vers 10 h, alors que nous
avions déjà attaqué le bricolage dans la maison, le soleil fait son apparition.
Nous lâchons le marteau et le sécateur, et nous commençons les préparatifs.
Mais à peine la moto est-elle chargée que le pare brise est déjà couvert de
gouttelettes.
Un coup d'oeil en direction du col du Petit St Bernard : il est encore
découvert.
Pas
de problème : nous partons.
Bien nous en a pris : le versant italien est presque totalement dégagé...
et quel plaisir de repasser ce col que nous connaissons bien, à une époque
où les touristes sont déjà rentrés depuis longtemps...
Même chargée et à deux, la Breva est un régal, avec son bruit envoûtant et
son couple à bas régime.
Il n'est peut être pas vraiment nécessaire d'avoir 150 cv pour se faire plaisir
!
Je
redoute un peu la descente du Val d'Aoste , habituellement venté, mais
c'est sur la transversale qui va de Turin vers les lacs que nous comprendrons
pourquoi le ciel est dégagé :
Toute la région est balayée par un vent extrêmement violent qui descend des
montagnes.
Au delà de 80 km/h (sur autoroute !), la moto avec le vent est inconduisible.
Ajoutez à cela les camions et les travaux : c'est l'ENFER.
Soulagés, nous arrivons enfin à Côme, où nous dormirons tout près du lac.
Le lendemain, après la visite du musée d'Alessandro
Volta (l'inventeur
de la pile),
et une course de bateau à rames (je me régale à écouter le commentaire complètement
déjanté du speaker), nous reprenons la route vers Quistello (Vénétie).
Superstrada jusqu'à Bergame, autostrada jusqu'à Brescia, puis superstrada
à nouveau jusqu'à Quistello.
Le vent est un peu tombé, mais quelle circulation dans cette région !
Au fait, en Italie les voitures roulent phares allumés de jour (enfin la plupart
!), et ça n'a pas l'air de gêner les motards outre mesure...
Sur place, Lise est bien déçue, car nous ne pourrons pas entrer en contact
avec les derniers représentants locaux de la famille. Mais nous pourrons parler
avec un vieux libraire qui a bien connu les ancêtres.
Dimanche 26. Quand je pense qu'à quelques km d'ici, Laconi est en train d'en
découdre sur sa Ducati pour le titre mondial (bon je sais : ça ne l'a pas
fait...).
Mais nous ne sommes pas venus là pour ça, alors nous reprenons la route en
direction du lac de Garde, via Mantoue (Mantova) et Vérone,
deux villes qui, par leur architecture valent vraiment le détour.
Tout près de Sirmione, nous trouvons un hôtel "les pieds dans l'eau".
Un petit aperçu du paradis, d'autant que le beau temps s'est mis résolument
de la partie... et que le soir, un excellent
repas de poisson nous attend.
La matinée du lendemain est consacrée à la visite de Sirmione et de
sa forteresse, situées sur une petite langue de terre qui s'enfonce dans le
lac de Garde. Une merveille, qui n'a pas échappé aux Japonais qui débarquent
par cars entiers...
L'après-midi, route en direction à nouveau du lac de Côme, via Lecco.
Très différent de l'autre, ce lac a des rives beaucoup plus sauvages, qui
plongent parfois à pic. D'ailleurs, la route qui mène à Mandello passe
le plus souvent dans des tunnels creusés à flanc de montagne.
L'arrivée à l'usine est un peu décevante, car sur le parking des ouvriers,
on voit plus de BM ou de japonaises que de Guzzi ! il y a surtout des scooters,
encore bien plus nombreux qu'en France.
Il n'est évidemment pas possible de visiter les chaînes de montage, et le
musée
n'est ouvert que 2 heures par jour. Heureusement, nous
sommes dans le bon créneau. Ce musée vaut vraiment le déplacement : à côté
des machines connues qui retracent la production de la marque, d'autres exceptionnelles
: les monos et twins de course, la 4 cylindres à cardan, la 8 cylindres, bien
sûr, et aussi des machines dont je n'avais même jamais entendu parler : des
3 cylindres (une à double ACT) d'avant guerre, notamment.
Un passionné américain rencontré au hasard des allées m'a raconté qu'il avait
visité ce musée il y a quelques années, et qu'il y avait encore beaucoup plus
de machines.
Par
contre, plus possible de faire régler ma machine pendant la visite : "l'assistenza
ai clienti" ne fonctionne plus depuis que l'usine a été reprise par Aprilia
me dit le gardien d'un air désabusé
De même, impossible de voir la Breva 1100 et la Griso, qui sont à l'usine
Aprilia de Noale.
Un peu désenchantés, nous repartons, mais à Varena, il faudra prendre
le "traghetto" (bac) pour traverser une branche du lac jusqu'à Bellagio.
Nous rentrerons tranquillement le lendemain, non sans avoir admiré tous ces
villages aux façades colorés qui ont sû s'adapter en gardant leur cachet d'autrefois.
C'est les yeux pleins de souvenirs (et l'appareil photo bien garni) que nous
passons une nouvelle fois le col avant de basculer sur la Tarentaise.
Au
fait, je rigole doucement quand je lis ici ou là dans les magazines de doctes
journalistes présenter la
Breva comme une moto gentillette, mais tout juste bonne à faire le trajet
péri-urbain boulot-dodo et d'emmener la copine faire 20 km le dimanche !...
Au fait aussi, avec Lise, nous totalisons pratiquement 120 ans à tous les deux, comme quoi y a pas d'age !
Christian & Lise

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